Sur les traces de René Caillié

Lors de nos différents périples, nous avons eu l'occasion d'observer et de photographier des lieux marquant le passage de René Caillié dans plusieurs pays (stèles, maisons, etc...) soit à l'improviste, parfois informés par la lecture d'un guide, d'un document ou signalés par la population. 

Qui est René Caillié ?

Au Sénégal


BAKEL

Nous grimpons par des ruelles jonchées de gravats pour l'atteindre. Ses corniches, ses encadrements de portes, sa terrasse qui surplombe le fleuve d'où l'on peut voir un va et vient de pirogues, nous font dire qu'elle a dû être belle, la maison où René Caillié aurait séjourné à Bakel (extrait du livre Africatour "Le monde est au village")
Périple Africatour 4 où nous avons suivi le cours du fleuve Sénégal de Matam à Bakel le long de la frontière mauritanienne (déc 2022).
La maison où aurait séjourné René Caillié (photo déc 2022)


Vue sur la ville de Bakel

Vue sur le fleuve Sénégal au milieu de la ville


En Guinée

BOKE
Erigé au centre du parc de Boké, une stèle marque son passage. Après un temps d'errance et d'acclimatation au Sahara, René caillié a accosté ici sur le Rio Nunez pour entamer son long voyage à pied. (notre périple  (Africatour 1) 
                 Stèle à la mémoire de René Caillié dans le parc de Boké (photos déc 2008)
  
Parti de ce lieu le 19 avril 1827
RENE CAILLE
arriva le 7 Septembre 1828
à TANGER
après avoir passé
par 
TOMBOUCTOU
   
Une deuxième plaque sur la face opposée de la stèle :

 

Sous le règne sa Majesté 
Napoléon III
Monsieur le Marquis de Chasseloup Laubat
étant Ministre de la Marine et des Colonies
et le Général Faidherbe étant Gouverneur
du Sénégal et Dépendances
Ce monument a été élevé
à la mémoire
de l'illustre voyageur
RENE CAILLE

L'ancien fort de Boké est devenu un musée
 Dans ce fortin datant de 1878, le musée a été créé en 1971 et restauré en 1982 par l'association des amis du musée. 
Il traite de l'histoire de la Guinée et de la région de Boké autour de l'esclavage et de la colonisation. C'est la représentation des communautés originaires de Boké : les ethnies Nalou, Baga, Mikiforé, Landouma. Sont exposés, les objets du quotidien et des rituels, les instruments de musique, des statues. L'art Baga est majoritaire. 
PHOTOS
En sous-sol, une sinistre salle d'interrogatoire et les geôles des esclaves sont restées en l'état. Nous suivons le chemin qui les conduisaient aux bateaux accostés sur le Rio Nunez pour un ultime voyage vers l'Amérique. 
(bientôt les photos)

DITINN
L'instituteur du village de Ditinn nous fit découvrir le rocher où une plaque indique le passage de René Caillié. Entouré de hautes herbes, il est bien caché. Il ne reste que la moitié de la plaque et l'écriture est très difficile à déchiffrer, on la devine plus qu'on ne la lit. L'instituteur nous assure que la date gravée, mais aujourd'hui polie, est le "4 mai 1827". D'autres écrits parlent du 8 mai. 
Plaque René Caillié Dittin (photos janv 2012)
      
        
       Doc La Guinée (édition jaguar 1999)                        Petit futé (édition 2010/2011) 
   
Les chutes de Ditinn

KOUROUSSA
Nous savons que René Caillié fit halte dans la petite bourgade de Kouroussa. Sans difficulté, on nous conduit voir sa stèle.
Kouroussa (photo fév 2009)

Doc La Guinée (édition jaguar 1999)
A Kouroussa, nous voulons voir les orpailleurs. Dans toutes les cours, le son du pilon n'est pas celui que nous connaissons, celui qui réduit en poudre, le manioc, le mil ou le maïs. Le timbre est sourd, un peu métallique. La barre à mine qui est soulevée et retombe d'un coup dans le mortier rebondit plus qu'elle n'écrase. 
Inlassablement, les femmes cassent les cailloux aurifères que les jeunes gens ont rapportés de la colline qui est devenue un gruyère. Les petits fragments de latérite réduits en miettes sont lavés et relavés dans des bassines creusées dans la terre. Dans leurs mains expertes, l'eau rougeâtre tourne autour de la grande calebasse de laquelle les débris sont éjectés par dessus bord. L'opération est répétée dans des calebasses de plus en plus petites jusqu'à ce qu'apparaissent, au fond, quelques grains de poudre qui scintillent au soleil. 
En amont, de jeunes garçons descendent dans des trous creusés de plus en plus profond. Une lampe frontale tenue avec un caoutchouc, ils pénètrent dans des puits à peine plus larges que leurs épaules, jambe à l'écart, leurs pieds cherchant l'aspérité pour progresser vers le fond. Puis, avec une corde, on leur envoi des seaux qu'ils remplissent de terre et de roche qui sont remontées pour être lavées.
On ne compte plus les accidents tels que les chutes, les éboulements de puits et les effondrements de galeries.
Tous les soirs, le précieux métal est vendu dans un petit cabanon. Le courtier pèse l'or et remet les billets. Aujourd'hui, le cours est à 250 000 francs guinéens le gramme (25 €). Le salaire moyen mensuel étant d'environ 70 €, l'affaire est intéressante... sauf que, un gramme ne se trouve pas tous les jours. C'était en janvier 2011 
L'orpaillage (photos janv 2011)
                

Au Mali
DJENNE
Nous flânons dans les ruelles jusqu'à une place où, nous voyant photographier et filmer, un habitant nous interpelle "C'est la maison de René Caillié". Nous engageons la conversation et lorsque je lui dis que je suis née dans le même district que René Caillié et que Bernard a été chef de village, il nous invite dans la maison mitoyenne, celle de son père qui est le chef de quartier. 
Monsieur Bahasseye Maïga, 86 ans, nous reçoit allongé sur une chaise-longue. Il dit que son père aurait bien connu René Caillié qui a vécu un an dans la maison voisine. Le fils décroche un cadre poussiéreux pour nous montrer la photo de son ancêtre devant la maison de René Caillié. Il se trompe de générations ou son fils a mal traduit. René Caillié est resté environ un mois à Djenné en 1828. La maison n'a pas changé, signe que le banco est bien entretenu. Comparable à la kasbah marocaine, elle comporte un patio, deux étages et une terrasse d'où la vue sur la ville et le fleuve est très belle. 
Maïga Bahasseye - voisin de la maison dite "de René Caillié" (photos déc 2008) 
La maison dite "de René Caillié"

Badou nous conduit dans la ville. Fondée au 8ème ou 9ème siècle, l'influence de style maroco-soudanais est très présente : les moucharabiehs dentelés, les toits terrasses surmontés de pinacles qui indiquaient le nombre d'enfants au foyer, l'immense mosquée en terre de 75 mètres au carré flanquée de trois minarets. Elle est unique au monde. Hérissée de perches à intervalles réguliers qui permettent de grimper pour la recrépir tous les ans, elle est en terre additionnée de beurre de karité qui fait l'étanchéité. 
Toit terrasse de Djenné
Photo de l'ancêtre de Mr Bahasseye et la maison à l'époque
 

Dans le patio, les femmes fabriquent des bracelets en perles sur cuir
Rues de Djenné

La mosquée de Djenné             
                            Bijoux peuls                                                               chapeau peul



 ent devant le "mur de Tapana", cette fillette de 10 ans emmurée vivante au 9è siècle à la demande des marabouts pour conjurer les mauvais sorts qui s'abattaient sur la ville : inondations, épidémies…

Tapana sacrifiée, le mauvais œil éloigné, c'est le mur (des lamentations) qui est investi de tous les pouvoirs depuis cette époque. On vient de loin pour bénéficier de ses bienfaits, mais pas les mains vides… sacrifice obligatoire.

Photos de la maison

 

C'est en charrette tirée par une mule, un véritable tape-cul, que Badou nous emmène au village de Sirimou habité par deux ethnies rivales : les bambaras, des cultivateurs et les peuls, des éleveurs. Pourtant de même obédience religieuse, l'islam ne les a pas rapprochés, le village est scindé en deux avec chacun sa mosquée. Après s'être disputés le territoire pendant des siècles, ils ont maintenant trouvé un terrain d'entente : les enfants surveillent les cultures pour que les animaux ne les saccagent pas. (Quoi de plus simple ?) Aujourd'hui chaque ethnie vit dans son quartier mais la circulation est libre.  

Photos

 


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